Le dessin de la semaine...

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40 mars 2016, Place de la République, Paris

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Nanterre en colère

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FAISONS FRONT COMMUN

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N'attendons pas 2017 pour changer la politique !

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samedi 12 novembre 2016

Ma décision est prise...

Plus grand, plus haut, plus forts qu'en 2012,  pour gagner !

Bon, vous avez vu, pour moi, personnellement, le choix est fait
. Et je ne m’engage jamais à moitié. Et je ne suis pas le seul, loin de là. Et je ne me soumets à personne, ni ne suis quiconque aveuglément J’ai pris le temps de visionner, d’entendre, d’échanger en de multiples réunions, manifestations, rassemblements, points de rencontres de proximité, et de lire beaucoup.

Je sais que je ne suis pas d’accord sur tout dans les propositions telles qu’elles sont aujourd’hui formulées après l’assemblée de la France insoumise. Je ne le suis pas non plus sur toutes les formulations choisies majoritairement par les instances souveraines (j’entends les assemblées et congrès qui ont un pouvoir décisionnels, avec le vote individuel des adhérents-cotisants) du PCF, dont je suis militant depuis 1969, et que je n’envisage nullement de quitter. Parce que je pense que les hommes et les femmes, français ou pas, de différentes origines, cultures, philosophies, croyants de diverses confessions ou athées, aux côtés de qui je lutte, ont besoin de l’apport d’un parti, comme force d’organisation, de construction collective de pensée et d’action, de mobilisation militante et citoyenne, avec des élus suffisamment déterminés et nombreux pour relayer leurs luttes, leurs colères, leurs espoirs, pour bousculer avec elles et avec eux les institutions. C’est dans ce sens que vont mes priorités, c’est dans ce sens que j’ai accepté des responsabilités quand on me les a proposées.

Je disais que je ne suis pas d’accord sur tout. Je reviens à la question des élu-e-s, des député-e-s, puisque c’est elles et eux qui seront élu-e-s, quelques semaines après la présidentielle, au suffrage universel. Je pense qu’ils ne devront pas être les députés du Président, quel qu’il soit, surtout si on propose une sixième république qui implique de redonner aux assemblées de réels pouvoirs législatifs, aux citoyens de réels pouvoirs dans l’élaboration des décisions, y compris dans le choix des candidatures. Ma logique va donc là encore « du bas vers le haut ». Je suis d’accord avec la perspective d’une Constituante pour changer de fond en comble les règles, mais je crois qu’on ne sera pas crédible si on ne donne pas tout de suite des signes forts de ce que l’on veut faire pour inventer une démocratie, même dans les limites, le carcan, du mode actuel de scrutin. Ce ne peut pas être à mon avis des adoubements venus d’en haut sous condition d’accord intégral avec un candidat à la magistrature suprême. Il faut rompre avec ça, même si ce n’est pas facile avec le piège du quinquennat. De plus, il serait irréaliste de penser qu’une majorité absolue (« présidentielle ») pourrait naître dans quelques mois sous une seule étiquette, et même plutôt inquiétant de donner ainsi à penser que nous pourrions avoir une conception monolithique du peuple.  Bien sûr, il y a une contradiction avec la nécessité d’une cohérence nationale, qui nous a fait tant défaut en 2012, d’une étiquette qui donne un sens lisible à un programme, une visée communs. Puisqu’il y a des contradictions, c’est donc qu’il y a matière à poursuivre le débat, sur le fond, et pas sur des procès d’intentions entre nous. Sans quoi, tant pis, je serai, comme beaucoup d’autres, insoumis à la France insoumise, et je continuerai, sans attendre de consignes d’en haut, de soutenir les candidat-e-s que mes concitoyens, dans les circonscriptions de mon département, estiment et estimeront les plus aptes à battre ceux de la droite et du PS, de par leur rôle dans les luttes, leurs engagements qu’elles et ils n’ont plus à prouver, leur fidélité à des valeurs et des propositions essentielles, « l’Humain d’abord », que nous partageons.

Pour la présidentielle, je l’ai dit, mon choix est définitif : pour moi, Jean-Luc Mélenchon est le candidat commun crédible, et notre utilité pour la présidentielle est de contribuer à construire le rassemblement le plus large possible autour de sa candidature, avec l’objectif, l’ambition, de gagner.


 J’entends déjà les reproches : attends le vote des 24, 25, 26 novembre, respecte la démocratie, la souveraineté des communistes ! Bien sûr, je participerai au vote, et tous les camarades, qu’ils déposent ou pas le même bulletin que le mien, sont dignes du même respect. Leurs arguments, à ceux qui veulent un candidat choisi au sein du PCF, que ce soit pour le maintenir jusqu’au bout ou pour le retirer éventuellement après les primaires du PS, je les ai entendus, je les ai lus : ils n’ont rien de méprisables, ils sont aussi sincères que les miens, et ces camarades sont plus qualifiés que moi pour les exprimer, ce dont ils ne se privent pas, urbi et orbi, ce qui est leur droit. L’unité des communistes en effet ne saurait aujourd’hui se construire en conclave ni dans l’autocensure, et elle est, je le pense, fondée sur des choses plus profondes encore que le choix du candidat pour la présidentielle de 2017, quelle que soit l’importance de cette décision à prendre. Alors Je tiens à dire dès maintenant dans quel sens je trancherais si un dilemme devait exister entre la discipline de parti et ma conviction, ma conscience citoyennes
Et puis attendre, attendre quoi ? on attend depuis des mois, on n’a plus le temps d’attendre. En novembre 2011, on organisait les portes à portes avec l’Humain d’abord, et pour 2017 c’est la victoire qu’on veut, non ? C’est pour ça que la campagne des présidentielles est lancée, sans le PCF, quel que soit l’intérêt de propositions élaborées par des communistes pour contribuer à un projet commun. La pétition du PCF pour une candidature commune, alternative à celle(s) des socio-libéraux austéritaires, est souvent incomprise : pourquoi, en effet, donner l’impression d’ignorer qu’une dynamique existe déjà, émancipée de l’illusion des primaires, autour de la candidature de Mélenchon ?

Ce que j’entends déjà, maintenant, c’est : tu n’as pas le droit de faire pression sur les communistes (comme on le lit en termes peu sympathiques dans les réseaux sociaux à l’égard par exemple de Marie-George Buffet (1) et d’autre élus et militants).  Mais pourquoi une conférence nationale, composée pour une majorité de membres de droit, et d’une minorité désignée à la hâte avec des critères tenant plus ou moins compte des sensibilités exprimées au niveau des départements, aurait-elle plus de légitimité que moi, que tout adhérent ou même ex-adhérent ou sympathisant du PCF, pour s’exprimer avant le vote ? J’ai écrit à chaud, samedi dernier, que cette conférence ne me représentait pas. Je voulais dire évidemment que sa décision, prise à la majorité, ne me représentait pas, je ne voulais pas blesser les personnes qui ont pris de leur temps pour être présentes, intervenir, peser le pour et le contre, voter selon leur conviction. Mais quand même, quand on visionne comme moi ces travaux sur son ordinateur, on ne peut pas s’empêcher de penser qu’on vaut mieux que ça, et que ces méthodes d’organisation des débats appartiennent au passé. Heureusement cette conférence n’a pas de pouvoir décisionnel. On peut se demander d’ailleurs quelle est son utilité, puisqu’on nous dit maintenant que c’est le Conseil national qui désignerait « dans les quinze jours » un candidat du PCF si la majorité des adhérents en décidaient ainsi par leur vote souverain.

Une chose est sûre : quoi qu’on pense de moi, je ne serai pas exclu. Cela ne se fait plus, du moins pour des raisons politiques, tant qu’on n’est pas candidat ou adhérent d’un autre parti, qu’on ne sombre pas dans le crime, qu’on ne commet pas d’actes gravement contraires à nos valeurs communes.  Et je ne suis pas quelqu’un à faire les quatre-cents coups, ni à changer de bord.  Je me rappelle 2007 : après des mois et des mois de gâchis d’énergie et de possibles, des communistes n’avaient pas fait campagne ni voté pour Marie-Georges Buffet, contrairement à moi. Personne ne les a mis dehors. Je me rappelle aussi les moments où des communistes qui voulaient réinventer le communisme, réinventer la manière de faire de la politique, changer vraiment le parti, ont fini par quitter le PCF. Mon regret est de ne pas les avoir soutenus avec plus d’énergie, même si ça n’aurait sans doute pas changé grand-chose. Quelques-uns sont revenus, mais combien nous manquent pour inventer ensemble le communisme du XXIème siècle et les outils politiques qui iraient avec !

Mon choix n’est pas un choix par défaut. En lisant le dernier livre de Jean-Luc Mélenchon, j’ai remarqué évidemment combien nos parcours sont différents : de la bataille pour la reconstruction d’un syndicalisme étudiant dans les années soixante-soixante-dix, où nous étions dans des camps opposés, à son approbation du traité de Maastricht, à son admiration sans nuance pour la personnalité et les mandats présidentiels de Mitterrand… Je comprends que son rôle d’alors dans l’appareil du PS laisse des traces, notamment dans l’Essonne : il ne se comportait pas autrement que le PS aujourd’hui, qui, dans les Hauts-de-Seine, se donne pour objectif principal de conserver ou prendre un siège de député dans des circonscriptions où la dynamique à construire pour 2017 est avec les élu-e-s communistes et Front-de-gauche. Mais l’essentiel, c’est qu’avec la campagne de 2005, la victoire du non au TCE et ce qui s’en est suivi, nous avons mené depuis ensemble d’autres luttes et campagnes communes, dont celle de la présidentielle de 2012 où comme candidat commun du Front de gauche, il a rassemblé quatre millions d’électeurs. Sa rupture avec le PS est totale. Sa démarche est de dépasser les logiques, trop souvent aveuglantes, d’appareils partidaires, sans pour autant nier le rôle indispensable des partis politiques, en particulier du PCF.

Tout autant que des débats dans le PCF, c’est notamment l’ entretien de Jean-Luc Mélenchon avec la philosophe Chantal Mouffe, puis avec Noël Mamère, le contenu -plus ancien- de propositions pour un « éco-socialisme », et bien d’autres publications qu’on peut trouver sur le site ci-dessus, qui me convainquent que ce serait une lourde faute politique de ne pas voir ce qu’il y a de nouveau, à débattre, à confronter avec d’autres recherches et apports militants, pour construire du commun, un rassemblement majoritaire, pour ouvrir un nouvel horizon émancipateur.

 Le traumatisme de la victoire de Trump aux Etats-Unis d’Amérique, et la feinte surprise depuis hier de la plupart des médias qui commencent à dire qu’après tout il pourrait être un président aussi normal - c'est-à-dire néo-libéral, réactionnaire, raciste et xénophobe - que les candidats qu’ils présentent déjà comme victorieux en France en 2017, n’est pas pour rien dans cet impérieux besoin de mener campagne sans attendre. Je ne développe pas d’avantage : d’autres l’ont fait mieux que moi… et je ne voudrais pas faire des billets de blog aussi longs que ceux de Jean-Luc Mélenchon.

Un dernier point pourtant me paraît indispensable pour lever des malentendus et des crispations : je suis bien conscient que Jean-Luc Mélenchon a encore des progrès à faire quand il aborde les questions des migrations. Mais c’est tout aussi vrai de beaucoup d’autres candidats potentiels de notre camp pour les élections de 2017. Je constate que ni les enjeux des luttes contre le racisme sous toutes ses formes, ni celles pour les droits des migrants, n’apparaissent à ce jour comme des questions politiques de premier plan parmi les propositions phares de la France insoumise. Je renvoie, pour éviter des redites, à mon intervention de mercredi à Nanterre, et aux propositions plus développées, déjà publiées sur ce blog. Mais je suis optimiste. En effet, dans les initiatives avec les « sans-papiers », avec les migrants dont les demandeurs d’asile, se retrouvent, avec des syndicalistes et des associatifs, des élus et militants du PCF, du PG, d’autres organisations qui ont constitué le Front de gauche, d’autres courants, de « l’extrême gauche » ou d’Europe-Ecologie, et même quelques élus, militants et électeurs PS plus que critiques, en particulier sur ces questions, avec la politique gouvernementale. 
Sur ces enjeux, au cœur de mon engagement militant, je ne lâche rien et je ne lâcherai rien.
                                                                                                                    
(1)  Je ne veux pas ici m’appuyer sur d’autres arguments que ceux que je tire de mon expérience et de mes réflexions personnelles, mais je ne peux pourtant pas m’empêcher de vous inviter à lire l’entretien avec Marie-George Buffet dans Regards de cette semaine, et les commentaires en ligne qu’il a suscités (plus respectueux et intéressants que dans certains réseaux sociaux)

 

  

vendredi 11 novembre 2016

Le MRAP demande l'interdiction d'une manifestation contre les réfugiés à Versailles

COMITES des YVELINES : 
Saint-Quentin en Yvelines et environs et Plaisir


SOLIDARITÉ AVEC LES REFUGIÉS
Non à l’ignoble campagne de haine fomentée par l’extrême droite
Le rassemblement xénophobe et raciste à Versailles doit être interdit !

           Dans le département des Yvelines, comme dans toute la France, comme dans de nombreuses villes et régions d’Europe, de nombreux citoyens, des maires, des associations, se mobilisent pour l’accueil, la mise à l’abri, l’assistance humanitaire, l’aide aux démarches administratives d’ hommes , de femmes et d’ enfants. Elles et ils ont dû fuir leurs pays ravagés par les guerres, les terrorismes, les destructions d’environnements, d’économies, de ressources vitales.
          Ces êtres humains ont subi les pires violences tout au long de leurs parcours d’exil. Le refus de leur ouvrir des voies d’accès légales et sécurisées, la militarisation des frontières de l’Europe, des accords avec des dictatures pour les refouler, les ont livrés à des trafiquants criminels et mafieux. Des dizaines de milliers en sont morts. Ceux qui sont arrivés en France, pour demander protection et hospitalité, ont souffert dans des conditions indignes, à Calais, à Paris, et même dans les Yvelines , laissés des semaines et des mois sans hébergements, sans accès aux droits, sans autre aide pour survivre que celui d’associations et de citoyens.
          La grande majorité d’entre eux sont des demandeurs d’asile : le MRAP exige que des moyens soient donnés aux préfectures pour que tous puissent rapidement et sans discriminations, déposer leurs demandes en France conformément à la Convention de Genève, et la création de milliers de places en Centre d’ Accueil  pour Demandeurs d’Asile ( CADA) afin d’ assurer leur hébergement. Tous, qu’ils soient réfugiés politiques ou humanitaires, « réfugiés économiques » ou « réfugiés environnementaux », doivent pouvoir faire valoir leur droit au séjour ou  de se rendre dans le pays de leur choix. Personne ne peut croire que la France, avec ses 66 millions d’habitants, ne pourrait pas les accueillir, et que la région Ile-de-France, avec ses 12 millions d’habitants, avec toutes les richesses qui y sont produites, s’accumulent et circulent, assurer sa part dans ce devoir commun d’hospitalité.
           Pourtant, des officines, des politiciens, cherchent à casser l’élan populaire de solidarité en développant le poison de la peur et de la haine de l’ « autre », en colportant des idéologies complotistes , en criant à l’invasion, en présentant les demandeurs d’asile comme des criminels… Un appel à manifester à Versailles le 11 novembre constitue une inacceptable escalade de cette campagne odieuse. Ce texte concentre le fond de commerce électoral de l’extrême droite : xénophobie, racisme, attaques diffamatoires contre des représentants et des élus de la République… Il constitue une véritable injure pour tous les citoyens porteurs des valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité.
          Non, nous ne laisserons pas instrumentaliser la détresse d’hommes, de femmes et d’enfants, qui demandent à vivre en paix au pays des droits de l’Homme ou le droit d'y transiter, par des politiciens sans scrupules qui constituent un réel danger pour ce qui fonde notre vivre ensemble. Leur manifestation, organisée qui plus est le jour de la commémoration nationale de la fin de la première guerre mondiale, par son contenu raciste, son incitation à la haine contre les migrants, constitue une menace pour l’ordre républicain, la sécurité et les droits de personnes humaines. Nous  demandons son interdiction.



jeudi 10 novembre 2016

Elections en 2017, c'est notre affaire !




Mercredi 9 novembre, une première rencontre publique, présidée par le maire, Patrick Jarry,  était organisée à Nanterre, pour permettre aux citoyens de la circonscription de Nanterre et de Suresnes "qui veulent une véritable alternative à gauche", d'échanger leurs opinions. 

Chacun était invité à s'exprimer, sur les propositions pour le contenu des campagnes, pour les élections présidentielle et  législative, et sur les candidats pour les porter et gagner. Après de nombreux mandats, au cours desquels elle a mené bien des batailles parlementaires, en associant toujours le plus grand nombre possible de citoyennes et de citoyens, Jacqueline Fraysse, députée Front de gauche, avait, il y a plusieurs semaines, fait connaître sa décision de ne pas se représenter.

Le débat a été très riche, sur les questions de l'emploi, des salaires, de la défense du code du travail, du logement, des collectivités locales comme espaces de démocratie à défendre contre une métropolisation austéritaire, de l'école et de l'éducation, de la solidarité de la population dans sa diversité... Sur la question cruciale du rassemblement à construire et de comment y parvenir, des candidatures, l'écoute et le respect des opinions de chacun a permis à tous de progresser, sans rien trancher à cette étape.

Les participants, environ 130,   étaient presque tous des "militants", des élus, des responsables, politiques, syndicaux ou associatifs. Comme l'a souligné notamment Jacqueline Fraysse, il est urgent de changer de méthode, de type de réunions, pour parvenir réellement à ce qu'un beaucoup plus grand nombre de citoyens soient acteurs des débats et des décisions.

Quant à moi, mon intervention a abordé les sujets à l'ordre du jour, sous l'angle de l'engagement politique contre le racisme et pour la solidarité avec les migrants :


J’ai signé l’appel invitant à la rencontre publique de ce soir comme « militant antiraciste ». Je voudrais dire quelques mots à ce sujet, en m’exprimant à titre personnel, comme un citoyen dont l’engagement politique est connu. Je tiens donc à préciser que ce que je vais dire n’engage pas l’association dont je suis par ailleurs président.

La campagne est commencée, marquée par des primaires politiciennes et par une offensive de l’extrême droite, sur des thèmes racistes, xénophobes, sécuritaires, par des amalgames entre immigration, terrorisme, délinquance, guerre, islam, banlieue…que la plupart des médias privilégient.

Nous sommes dans une ville où la composante des héritiers des migrations, et en particulier celle des immigrés, de leurs enfants, héritiers de l’histoire et du présent du colonialisme, est très importante dans toutes les générations.

Nous sommes dans une ville où beaucoup de migrants, de demandeurs d’asile, sont hébergés, ou passent, rencontrant le soutien d’associations et de citoyens. Je tiens à remercier Jacqueline Fraysse, pour ses interventions de députée, en soutien à de nombreuses personnes pour la régularisation de leur situation administrative.

Il n’y a aucune fatalité à ce que des citoyens eux-mêmes meurtris par la crise systémique du capitalisme qui les frappe dans tous les aspects de leur vie quotidienne, soient plus séduits par les discours d'une droite décomplexée à l’extrême, plutôt que par la nécessaire solidarité, du local au mondial, entre tous les « damnés de la terre ». Le rôle, la responsabilité, des « politiques », comme on dit, que nous sommes, c’est très important pour « faire l’opinion ».

On peut trouver des éléments de langage consensuels, évitant les mots polémiques ou phobiques, dans notre communication électorale, avec le raisonnable espoir de coller à ce que pensent la majorité de nos concitoyens. Par exemple :
-          Faire face à l’urgence humanitaire, en ouvrant des voies d’accès sécurisées aux demandeurs d’asile et en accueillant dignement les réfugiés.
-          Travailler à une politique internationale de paix, de justice, de solidarité, pour que personne ne soit plus forcé de s’exiler de son pays.
-          Permettre un séjour régulier, une bonne intégration, à toutes celles et tous ceux qui travaillent, étudient, vivent sur notre territoire.
-           Favoriser l’acquisition de la nationalité française, et progresser vers une citoyenneté de résidence, en accordant le droit de vote aux résidents d'autres nationalités, installés depuis longtemps sur notre territoire.
-          En finir avec toutes les discriminations, combattre toutes les formes de racisme.
C’est un minimum, pour que je puisse, avec quelque chance de succès, tenter de convaincre de ne pas s’abstenir des concitoyens que je côtoie dans de multiples réseaux.

La dynamique « France insoumise » existe, elle doit être renforcée et enrichie par d’autres apports, chaque organisation restant elle-même, et il est à mon avis essentiel, si on veut un rassemblement majoritaire, pour gagner, de montrer qu’on a compris que ça ne peut plus se faire simplement autour d’un parti ou d’un cartel de partis. Je suis bien conscient que Jean-Luc Mélenchon, que je considère comme le candidat commun le plus crédible pour la présidentielle, a encore des progrès à faire quand il aborde les questions de l’immigration. Mais c’est tout aussi vrai de beaucoup d’autres candidats potentiels de notre camp pour les élections de 2017. Et nous avons tous des progrès à faire, du travail à faire, pour que les questions de la lutte contre le racisme sous toutes ses formes, celle des droits des migrants, soient vraiment prises comme des enjeux politiques de premier plan.

Et surtout, pour être crédibles, il faut, sur le terrain, dans la proximité, que nos forces politiques, nos candidats, au-delà des écrits, soient visibles, reconnus dans la lutte contre le racisme, les discriminations, pour l’égalité. Par exemple par la jeunesse de nos quartiers, en première ligne pour subir de plein fouet les discriminations racistes qui colorent leurs premières expériences des injustices, de la crise économique, sociale, civilisationnelle. Toutes les élections depuis 2012 montrent qu’eux, plus encore que leurs aînés, 
s’abstiennent très majoritairement : c’est qu’on ne les y reprendra plus avec des promesses de campagnes, toutes devenues à leurs yeux aussi peu crédibles que celles de Hollande. Je pense que de ce point de vue, Nadège Magnon a des atouts, pour être notre candidate à la législative et gagner, avec son mandat d’adjointe au maire à la jeunesse, avec ses compétences juridiques, par exemple pour continuer la lutte sur le plan national contre les contrôles policiers au faciès, après la première victoire obtenue devant la justice suite aux mobilisations construites notamment dans le Val-de-Marne.

  Il serait plus que dommageable de laisser dans notre circonscription le terrain des luttes contre le racisme et pour l’égalité à la candidate du Parti socialiste ! parce que tout le monde a vu ce que fait le PS au pouvoir…
Il serait terrible de laisser le Front National progresser, en diffusant, sans réplique politique à la hauteur, le poison du racisme et de la xénophobie, autant qu’en attisant la colère contre les institutions.
Ce serait créer les conditions de la catastrophe annoncée pour la présidentielle.
Ce serait créer les conditions pour que la groupie départementale de Copé, ce représentant de la droite décomplexée, gagne la circonscription.

Ce serait un peu à l’image de la traumatisante victoire de Trump aux Etats-Unis, si nous ne faisions pas tout ce qu’il faut pour l’empêcher, dans les quelques mois qui restent...



lundi 7 novembre 2016

Quelle campagne politique mener, en 2017, pour les migrant-e-s et les immigré-e-s ?

20 ème anniversaire de la Coordination 93 de lutte pour les sans-papiers
5 novembre 2016
 Le démarrage de la campagne électorale est dominé par des primaires et une offensive de l’extrême droite, qui donnent le ton : instrumentalisation politicienne de thèmes racistes, xénophobes, ethno-identitaires, sécuritaires… amalgames entre terrorisme, guerre, islamisme, immigration, délinquance, banlieue....
Le danger est d’autant plus grand que des repères ont sauté, sur ces questions comme sur beaucoup d’autres, chez des dirigeants de l’Etat, des élus, des responsables politiques dont certains représentent encore « la gauche » pour le plus grand nombre des citoyens. Et entre la droite auto proclamée « républicaine » et le Front national, présentés déjà comme futurs vainqueurs, le glissement est de plus en plus « décomplexé »

Il n’y a rien de fatal pourtant à ce que des citoyens, eux-mêmes victimes de la crise systémique du capitalisme qui touche tous les aspects de notre civilisation et de notre vie quotidienne, soient davantage sensibles aux discours populistes de droite, à la peur et à la haine de l’« autre » qu’ils sèment, plutôt qu’à la nécessaire solidarité entre tous les « damnés de la Terre ». La solidarité humanitaire de nombreux citoyens avec les réfugiés, par exemple, est réconfortante, bien sûr en premier lieu pour les arrivants, mais aussi pour nous-mêmes 
. Cependant on sent bien que c’est fragile. Pour construire l’opinion majoritaire, la responsabilité des médias, des « politiques », est considérable ; or, la majorité des uns et des autres ne sont pas indépendants de puissances financières et de lobbies qui trouvent des sources considérables de profits dans les dépenses guerrières et « sécuritaires » contre des ennemis, extérieurs et intérieurs,  les uns réels et les autres fantasmés, désignés comme boucs émissaires.

Pour les forces politiques et leurs candidats qui contestent une « pensée unique » de plus en plus influencée par l’extrême droite, en premier lieu les communistes et la nébuleuse « France insoumise », ainsi que d’autres courants, de « l’’extrême gauche » ou d’Europe-Ecologie-Les-Verts,  il n’est pas facile d’être compris, dans ce contexte, pour proposer, en matière de migrations, de citoyenneté, et  d’antiracisme conséquent, une politique nécessairement en rupture avec la dérive actuelle des « gouvernants », à l’échelle de notre pays, de l’Union européenne et de la planète.

Des éléments de langage sont possibles, évitant les mots qui font polémique ou qui inquiètent :

-          Faire face à l’urgence humanitaire, en ouvrant des voies d’accès sécurisées aux demandeurs d’asile et en accueillant dignement les réfugiés.
-          Travailler à une politique internationale de paix, de justice, de solidarité, pour que personne ne soit plus forcé de s’exiler de son pays.
-          Permettre un séjour régulier, une bonne intégration, à toutes celles et tous ceux qui travaillent, étudient, vivent sur notre territoire.
-           Favoriser l’acquisition de la nationalité française, et progresser vers une citoyenneté de résidence, en accordant le droit de vote aux résidents d'autres nationalités, installés depuis longtemps sur notre territoire.
-          En finir avec toutes les discriminations, combattre toutes les formes de racisme.

Il est évident qu’à moins de cela, je ne saurais soutenir, quelle que soit son étiquette, aucun(e) candidat(e), à fortiori aucun(e) candidat(e) qui tiendrait des propos explicitement ou implicitement en contradiction avec de tels mots, qui, je crois, correspondent à ce que pensent la majorité de nos concitoyens. Et il est évident aussi que c’est un minimum à suggérer pour des circulaires électorales, pas un programme pour la France, lequel exige qu’on approfondisse et précise ce qu’on propose concrètement de faire, à la fois dans l’urgence et à plus long terme.
C’est pour un indispensable débat et à une élaboration commune de projet et programme, que j’avais, au mois de mars, écrit une contribution dans le cadre de la préparation du congrès du PCF, à partir de mon expérience d’une vingtaine d’années d’activité militante. Les données datent d’il y a huit mois : une mise à jour factuelle, qui serait utile, ne changerait pas, et même conforterait, à mon avis, l’analyse qui y est proposée.

Commémoration des vingt ans de l'occupation de l'église Saint-Bernard
Depuis, des évènements  comme Solidacities, au Parlement européen, ou comme le colloque de rentrée du Collège de France, invitent à considérablement enrichir les réflexions et beaucoup élargir les perspectives d’actions communes du local au mondial. Il en est de même de luttes toutes récentes de travailleurs sans papiers soutenus notamment par la CGT, dont certaines sont victorieuses, comme celles des coiffeuses du 57 boulevard de Strasbourg ou des 25 ouvriers du bâtiment au 46 avenue de Breteuil, à Paris. Sans oublier les initiatives commémorant le vingtième anniversaire des occupations de 1996, dont celle de l’église Saint-Bernard, celui de la Coordination 93 de lutte pour les sans-papiers, des rassemblements autour des foyers de travailleurs migrants, ou avec les syndicats des inspecteurs du travail, ou encore des parrainages, pétitions et rassemblement, organisés par RESF ou par des collectifs avec leurs réseaux de soutiens, comme Sans-Papiers 92, pour m’en tenir à la région parisienne.


La lutte contre le racisme, pour l’égalité, a un champ plus large que celui des migrations, et en est en même temps inséparable. Le travail collectif de cette commission du PCF, à laquelle je participe, a produit déjà une très riche contribution, qui a suscité autant d’intérêt chez des chercheurs de plusieurs disciplines, des militants associatifs, que de débats passionnés en interne dans le parti. La commission travaille actuellement à un projet de colloque pour les adhérents du PCF. Je renvoie donc à ses travaux, ne faisant qu’évoquer, (trop) rapidement, la lutte contre le racisme et la xénophobie dans les propositions formulées à partir de ma contribution sur les migrations. 
Le point de vue exprimé, dans mon texte Migrations : dans quel monde voulons-nous vivre ? comme ses destinataires, sont clairement situés, mais je pense que les problématiques soulevées sont partagées bien au-delà de celles et de ceux qui comme moi, continuent d’appeler « communisme » une visée et une action militante pour construire une perspective commune pour changer le monde. Je pense donc utile de remettre à la disposition de tous, pour continuer nos débats et nos combats commun, pour qu’on ne « lâche rien », la formulation de propositions qui constituaient la dernière partie de ce travail.

I.             L’urgence de la solidarité avec les demandeurs d’asile

I.1Donner priorité au droit à la vie :


- développer vraiment les moyens pour que le droit international sur le sauvetage en mer soit appliqué en Méditerranée,
-  supprimer le « visa Balladur », qui cause des milliers de morts, à Mayotte,
- ouvrir des routes d’accès, maritimes, aériennes et terrestres, légales et sécurisées, seul moyen d’empêcher la mort de dizaine de milliers de migrants, les violences que subissent notamment les femmes et les enfants, d’en finir avec les odieux trafics des passeurs et des mafias.

I.2. Appliquer la Convention de Genève :



Il faut permettre de déposer sa demande d’asile sur le sol de l’Union européenne, dans le pays de son choix (en raison par exemple d’attaches familiales, de connaissance de la langue, ou tout autre motivation personnelle), ce qui implique :

 -  de dénoncer les accords de Dublin et du Touquet, de garantir la liberté de circulation dans l’espace Schengen,
- d’en finir avec les dépenses consacrées à l’édification de frontières fortifiées et militarisées, à des centres de rétention, de tri et de refoulement type « hot-spots » ; cet argent pourrait contribuer au financement d’un fond commun,  dans le cadre de l’Union Européenne, permettant une aide équitable aux Etats, en fonction de leurs PIB et du nombre de réfugiés qu’ils accueillent ; des sanctions, y compris financières, pourraient être envisagées à l’encontre des Etats qui refusent, pour des raisons idéologiques, alors qu’ils en auraient les moyens, de contribuer à l’accueil des demandeurs d’asile et des réfugiés,
- d’interdire les rétentions et les réadmissions contraintes de migrants, dont des demandeurs d’asile et des déboutés du droit d’asile, dans des pays tiers ; de dénoncer notamment les accords avec la Turquie ; d’annuler toutes les clauses de réadmission dans les accords d’aide pour la coopération et le développement. 

I.3. Assurer en France un accueil humain et digne :



- Des moyens doivent être donnés aux préfectures et aux services de l’Etat pour l’accueil, l’hébergement, l’accès aux droits administratifs et sociaux, à la santé, des demandeurs d’asile, qui doivent avoir accès plus rapidement à l’emploi, et pour le logement des réfugiés. Les partenariats avec des associations et les collectivités locales ne doivent pas faire reposer sur ces dernières, ni sur la charité publique ou les profits privés, l’essentiel de la solidarité.
- L’OFPRA et la CDA doivent statuer, en toute indépendance, sans pression politique des gouvernements ni des partis. Elles doivent avoir les moyens de traiter dans les meilleurs délais, en collectifs de magistrats, toutes les demandes des personnes, dans des conditions leur permettant d’être entendues, assistées et défendues. Les listes de « pays sûrs » doivent être supprimées, les atteintes à la vie ou aux droits fondamentaux des personnes n’étant pas le fait exclusif de certains Etats.
-  Les dispositions légales et les circulaires favorisant l’expulsion rapide et systématique du territoire des déboutés du droit d’asile doivent être abolies.
II.   Une nouvelle politique pour tous les migrants

parrainage de sans-papiers, fête du Front de gauche, Gennevilliers, 2013

II.1.  Changer les conditions d’entrée et de séjour :



-          Supprimer les visas de court séjour, pour favoriser la « migration circulaire »
  
-          Accorder de droit à tous les immigrés étrangers voulant s’installer sur notre territoire un titre de séjour unique, sur le modèle de la carte de résident valable 10 ans et renouvelable. C’est le seul titre de séjour qui permet de sortir de la précarité.

-          Prendre la décision politique de régulariser « globalement » les sans-papiers présents sur notre territoire, comme le font d’autres Etats de l’UE, comme la France l’a fait (partiellement) dans le passé.


-          Supprimer les taxes, d’un montant devenu exorbitant, exigé des migrants pour obtenir un titre de séjour.

-          Fermer les centres de rétentions administratifs, supprimer les dispositions dérogatoires au droit commun, et attentatoires aux droits de la personne humaine, notamment en Outremer, et dans les zones d’attente des aéroports.

-          Obtenir la ratification par la France, et les autres pays de l’Union Européenne, de la Convention internationale pour les droits des travailleurs migrants et leurs familles.

-          Empêcher l’utilisation des « travailleurs détachés » à des fins de dumping social, en leur garantissant mêmes salaires (y compris les prestations sociales) et mêmes droits que ceux des salariés autochtones.


-          Elargir à un collectif interministériel la responsabilité des questions de l’entrée et du séjour des migrants, qui ne doit plus relever du seul ministre de l’Intérieur.

-          Permettre, comme le demandent leurs syndicats, aux Inspecteurs du travail de régulariser les travailleurs sans-papiers, sur constat d’une relation de travail, sans autre condition.
-          Considérer, pour une réécriture de la loi, que le droit des migrants d’entrer et de séjourner en France doit être la règle, et non plus l’exception,

-          Augmenter l’aide au développement, pour atteindre les 0,7 % du PIB auxquels la France s’est engagés, et revoir ses attributions à partir des besoins des populations, en concertation avec des associations, l’ONU, et les migrants, en excluant toute accaparation à d’autres fins par des Etats et des intérêts privés.

-          Mettre en oeuvre une politique internationale de paix, de coopération, de solidarité, qui seule peut mettre un terme aux exils forcés par les massacres, les destructions des environnements, des économies et des ressources, par la misère et l’absence de perspective d’avenir au pays.


-          Que les libertés de circulation et d’installation ne soient plus un privilège de riches et de citoyens des pays dominants : c’est un objectif, un nouveau droit humain à conquérir,

-          Les idéologies et les politiques racistes et xénophobes, qui inventent des « identités nationales ethniques », lesquelles seraient à préserver par des fermetures de frontières, par des discriminations, par des expulsions du territoire, sont à combattre sans concession.
   
II.2.  Protéger d’urgence les catégories les plus vulnérables :



-          Faire campagne pour l’adoption de la proposition de loi pour la protection des femmes migrantes, déposée à l’Assemblée nationale en juillet 2015 à l’initiative de Marie-George Buffet, en s’appuyant sur une résolution sur le même sujet adoptée par le Parlement européen en mars 2016.

-          Faire respecter la Convention Internationale des Droits de l’Enfant : les Mineurs Isolés Etrangers (MIE) doivent être pris en charge dans les mêmes conditions que les mineurs nationaux. L’utilisation des « tests osseux », non fiables pour déterminer leur âge, doit être interdite. A leur majorité, tous doivent recevoir un titre de séjour, et leur prise en charge doit pouvoir être assurée jusqu’à la fin de leurs études ou jusqu’à ce qu’ils accèdent à l’emploi.
L’expulsion de jeunes scolarisés, de leurs parents, doit être rigoureusement interdite, et la régularisation de leur séjour être de droit.
-        Le droit aux soins doit être garanti pour les personnes malades qui ne peuvent pas se faire soigner dans leur pays d’origine ou qui ont commencé leur traitement en France. Les décisions doivent dépendre de médecins habilités, mais, contrairement aux dispositions de la loi de février 2016, indépendants de l’OFII. La prise en charge de personnes titulaires de l’AME ou de la CMU doit être une obligation effective, respectée par tous les praticiens.


-        Les quelques milliers de migrants, citoyens européens pauvres, qu’on appelle Roms, ne doivent plus être traités en boucs émissaires, chassés de bidonvilles en campements. Des mesures d’urgence pour leur logement, pour leur permettre de vivre de leur travail, pour leur accès aux droits, pour la scolarisation de leurs enfants, doivent être prises. Elles pourraient s’inspirer des propositions faites par six maires de la région parisienne et le Conseil départemental du Val de Marne, en janvier 2016, pour la résorption des bidonvilles.

III.        Vers une citoyenneté de résidence

Pour le droit de vote, devant le Sénat, 2014

-          Dans l’entreprise, dans la vie syndicale, et dans la vie associative de la cité, des acquis importants ont été obtenus. Mais l’ouverture des concours des trois fonctions publiques, d’Etat, territoriale et hospitalière, n’est pas acquise, pas plus que l’accès à certaines corporations. Pourtant, l’emploi massif de personnels non-titulaires de nationalité étrangère dans la fonction publique, y compris dans l’Education nationale, ou le recours à des médecins étrangers dans les hôpitaux, montrent que cette injustice devrait cesser. 


-
Pour se conformer au droit européen, le droit de vote en France des ressortissants des pays 
de l’Union européenne a été accordé, pour les élections municipales et européennes, tardivement et à minima. L’extension du droit de vote aux résidents étrangers « extra-communautaires », promesse non tenue, pour les élections municipales,  par deux Présidents de la République, continue de faire débat. Le PCF, à son congrès de 2006, se prononçait pour ce droit à toutes les élections, proposition partagée par peu d’autres organisations.. 
Débat de quartier à Nanterre pour le droit de vote, 2014


Certains, à gauche, opposent à la revendication du droit de vote pour tous les résidents sans condition de nationalité, celle d’une plus facile acquisition de la nationalité. Effectivement, l’application intégrale du droit du sol reste à conquérir, et l’acquisition de la nationalité française  ne devrait plus être soumise à un processus aussi long, compliqué et intrusif qu’incertain d’aboutir. Mais pour des raisons personnelles ou historiques, des immigrés, présents depuis longtemps en France, restent attachés à leur nationalité d’origine. 


Dans les campagnes électorales de 2017, la revendication du droit de vote pour les étrangers résidents doit avoir toute sa place. 



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