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40 mars 2016, Place de la République, Paris

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Nanterre en colère

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Photo prise au printemps...pour voir des images de la manif du 15 septembre à Paris : cliquer sur la banderole

FAISONS FRONT COMMUN

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En 2017, changeons la politique !

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paix,solidarité, liberté, égalité, fraternité

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dimanche 15 janvier 2017

15 janvier : journée de solidarité avec les migrants



Beau dimanche au local paroissial de l'église Saint-Paul de Nanterre. Repas partage avec des demandeurs d'asile, des réfugiés, des paroissien-ne-s dont beaucoup ont connu les dures épreuves de l'exil, le doux réconfort de la solidarité fraternelle. Le MRAP a répondu présent à cette initiative du Secours catholique, association des plus actives dans l'aide aux migrants à Nanterre.


jeudi 12 janvier 2017

manifeste pour la solidarité


La solidarité, plus que jamais un délit ?

janvier 2017

Bien sûr, la solidarité n'a jamais été inscrite dans aucun code comme un délit.

Cependant, des militants associatifs qui ne font que venir en aide à des personnes en situation de très grande précarité, victimes de décisions dangereuses, violentes, voire inhumaines, se retrouvent aujourd’hui face à la justice.

Avec l'instauration de l'état d'urgence, et dans le contexte baptisé « crise migratoire », on assiste à une recrudescence de poursuites visant à empêcher l'expression de la solidarité envers migrants, réfugiés, Roms, sans-papiers... Au-delà, c'est le soutien à l'ensemble des personnes étrangères qui tend à devenir suspect, l'expression de la contestation des politiques menées qui est assimilée à de la rébellion et au trouble à l'ordre public.

La loi permet en effet de poursuivre les personnes qui viennent en aide aux « sans-papiers »[1],  mais toutes sortes d'autres chefs d’accusation servent désormais à entraver toute action citoyenne qui s'oppose aux politiques mises en œuvre. L'ensemble de ces intimidations, poursuites, condamnations parfois, visent donc bien en fait ce qui constitue de nouvelles formes du « délit de solidarité ».

Dès 2009, les associations de défense des droits de l'Homme et de soutien aux étrangers avaient dénoncé le fait que le délit d'« aide à l'entrée, à la circulation et au séjour des étrangers en situation irrégulière », introduit à l'origine pour lutter contre ceux qui font commerce du trafic et de l'exploitation des étrangers, ait permis au fil du temps de sanctionner les « aidants » d'étrangers sans papiers, même agissant dans un but non lucratif. Si les peines prévues ne sont pas toujours appliquées, une telle réglementation a bien sûr un effet dissuasif sur celles et ceux qui refusent de se soumettre à des politiques hostiles aux étrangers.

La mobilisation associative, à l'époque, a abouti à plusieurs réformes successives, dont celle du 31 décembre 2012 qui a été présentée comme la « suppression » du délit de solidarité. Il n'en est rien ; la nouvelle rédaction des textes se contente de préciser et augmenter les cas d'exemption de poursuites. Outre l'aide apportée à des parents, est autorisée l'aide qui aura seulement visé à « assurer des conditions de vie dignes et décentes à l’étranger » ou à « préserver la dignité ou l’intégrité physique de celui-ci ». Malgré tout, des personnes ayant manifesté leur solidarité avec des étrangers sans titre de séjour continuent d'être inquiétées - convocations à la police ou à la gendarmerie, gardes à vue, perquisitions, écoutes téléphoniques - voire poursuivies et parfois punies d'amende et emprisonnement.

Dans le même temps, des poursuites ont commencé d'être menées sur la base de textes sans rapport avec  l’immigration.

·         Les délits d’outrage, d’injure et de diffamation, de rébellion ou violences à agent de la force publique sont utilisés pour défendre l’administration et la police contre celles et ceux qui critiquent leurs pratiques ;

·         Le délit d’« entrave à la circulation d’un aéronef », qui figure dans le code de l’aviation civile, permet de réprimer les passagers qui, voyant des personnes ligotées et bâillonnées dans un avion, protestent contre la violence des expulsions ;

·         La réglementation qui sanctionne l’emploi d’un travailleur étranger sans autorisation de travail a servi à inquiéter des personnes qui, hébergeant des étrangers en situation irrégulière, acceptent que leurs hôtes les aident à effectuer des tâches domestiques.

Aujourd'hui, les motifs des poursuites se diversifient toujours plus. Tandis que les poursuites pour aide à l'entrée et au séjour ont repris de plus belle, de nouveaux chefs d'accusation sont utilisés pour condamner les actions solidaires :

·         La réglementation en matière d'urbanisme a été invoquée à Norrent-Fontes (Pas-de-Calais) pour demander la destruction d'abris pour migrants ;

·         Des textes sur l'hygiène ou la sécurité applicables à des locaux ont servi à empêcher des hébergements solidaires à St-Etienne ;

·         L'absence de ceinture de sécurité et d'un siège pour une fillette à bord d'un camion a permis la condamnation d'un aidant à Calais ;

·         L'intrusion dans des zones particulières, interdites pour cause d'état d'urgence, a été utilisée, à Calais également, pour sanctionner le regard citoyen ;

·         Le délit de faux et usage de faux est utilisé pour intimider des personnes qui ont voulu attester de la présence depuis plus de 48h de personnes dans un squat à Clichy ;

·         etc...

Et, de plus en plus, le simple fait d'avoir voulu être témoin d'opérations de police, d'expulsions de bidonvilles, de rafles, peut conduire à une arrestation, sous couvert de rébellion ou de violences à agent.

Ces procédés d'intimidation doivent cesser. Nous affirmons la légitimité du droit de regard des citoyens et des citoyennes sur les pratiques de l’administration, de la justice ou de la police. Nous voulons que soient encouragé·e·s celles et ceux qui se montrent solidaires des personnes en situation de précarité sans se soucier de savoir si elles sont ou non en situation régulière quant au séjour. Nous refusons que les populations visées par des politiques ou des pratiques xénophobes soient privées de soutien.  C'est l'avenir du principe même de solidarité qui est en jeu.

Premières organisations signataires :

Associations nationales

Acort (Assemblée citoyenne des originaires de Turquie)
ADDE (Avocats pour la défense des droits des étrangers)
ADMIE (Association pour la Défense des Mineurs Isolés Etrangers)
AFVS (Association des familles victimes du saturnisme)
Amoureux au ban public (Les)
Attac France
Catred (Collectif des accidentés du travail, handicapés et retraités pour l'égalité des droits)
Cedetim/Ipam (Centre d'études et d'initiatives de solidarité internationale)
Ceras (Centre de recherche et d'action sociales)
Cnafal (Conseil national des associations familiales laïques)
Collectif National Droits de l'Homme Romeurope
Collectif Ni Guerres Ni État de Guerre
Comede (Comité pour la santé des exilés)
Comegas (Collectif des médecins généralistes pour l'accès aux soins)
Copaf (Collectif pour l'avenir des foyers)
Culture et Liberté
Emmaüs France
Fasti (Fédération des associations de solidarité avec tou-te-s les immigré-e-s)
Fédération Entraide Protestante
Fnars (Fédération des acteurs de la solidarité)
Fondation Abbé Pierre
FTCR (Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives)
Gisti (Groupe d'information et de soutien des immigré·e·s)
Jesuit Refugee Service (JRS) France
La Cimade
LDH (Ligue des droits de l'Homme)
Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples)
RESF (Réseau Éducation Sans Frontières)
Revivre (association de soutien aux demandeurs d’asile, réfugiés syriens et prisonniers politiques en Syrie)
Secours Catholique
UJFP (Union juive française pour la paix)
Utopia 56


Associations locales

  • Auvergne-Rhône-Alpes
RESF 03 (Allier)
RESF 43 (Haute-Loire)
RESF 63 (Puy-de-Dôme)

  • Bourgogne-Franche-Comté
Collectif Creusot-Autun des Droits de l'Homme
Les Amis du CADA (Digoin, Saône-et-Loire)

  • Centre-Val-de-Loire
La Cimade - groupe local de Blois


  • Hauts-de-France
ACC Minorités visibles (Dunkerque)
Adra Dunkerque
Arras Solidarité réfugiés
Attac Artois
Auberge des Migrants (L')
Care4Calais
Collectif de soutien à Jean Luc Munro
Équipe de soutien juridique de Dunkerque
Flandres Terre solidaire
Fraternité Migrants Bassin Minier 62
La Cabane juridique  / Legal Shelter
La Fraternité (Bruay-la-Buissière)
Le Réveil Voyageur
Mrap Dunkerque
Planning familial Pas-de-Calais
Salam Nord/Pas-de-Calais
Terre d'errance
Terre d'errance Flandres littoral

  • Île-de-France
ASEFRR (Association Solidarité Essonne Familles Roumaines et Rroms)
Aset 93 (Association d'aide à la scolarisation des enfants Tsiganes)
Assemblée citoyenne du 14ème
Collectif de Vigilance Paris12 pour les droits des étrangers-RESF
Collectif Romeurope du Val Maubuée
Collectif de soutien 5è-13è aux migrants d'Austerlitz
Ecodrom 93
Hors la Rue
Inter-Collectif Parisien de Soutien aux Migrant-es
La Chapelle debout
Observatoire Citoyen du CRA de Palaiseau
Paris d'exil
RESF 93
Romeurope 94
Solidarité migrants Wilson
Turbulences Marne-La-Vallée

  • Normandie
Itinérance Dieppe
Itinérance Cherbourg

  • Occitanie
Cercle des Voisins du CRA de Cornebarrieu (Haute-Garonne)
Planning familial 48 (Lozère)

  • PACA
Association pour la démocratie à Nice
Beaux repères (Avignon)
Collectif Agir à Aix-en-Provence pour l'accueil des migrants en pays d'Aix
Comité de Vigilance des Alpes Maritimes (COVIAM)
Habitat et citoyenneté (Nice)
MRAP Vaucluse
Roya citoyenne (La)
Tous migrants (Marseille)


Organisations syndicales

Émancipation tendance intersyndicale
Fédération Solidaires Étudiant-e-s
FERC CGT (Fédération de l'Éducation, de la Recherche et de la Culture)
SAF (Syndicat des avocats de France)
SGLCE-CGT (Syndicat Général du Livre et de la Communication Écrite CGT)
SNUipp-FSU (Syndicat national unitaire des instituteurs et professeurs des écoles et PEGC)
SNPES-PJJ-FSU (Syndicat National des Personnels de L'Éducation et du Social)
Solidaires Étudiant-e-s
SUD Collectivités territoriales
SUD Éducation
SUD Industrie Francilien
SUD Logement social
SUD Santé Sociaux
Syndicat de la Magistrature
Union départementale Solidaires Pas-de-Calais
Union syndicale Solidaires


Avec le soutien des organisations politiques :

Alternative Libertaire
EELV (Europe Écologie Les Verts)
OCL (Organisation communiste libertaire)

Apporter la signature d'une organisation (association, syndicat, collectif),
pour rejoindre le collectif (à partir du 13 janvier)

Participer à la journée d'action
le jeudi 9 février 2017
Rassemblements, prises de parole, formation de chaînes humaines
pour proclamer que nous sommes tous « délinquants » et solidaire des étrangers...

À Paris, un rassemblement sera organisé à 10 heures - le lieu, le type d'action et les intervenants seront précisés ultérieurement.


Être tenue au courant de l'activité du collectif
Demander à être abonnée à la liste de diffusion http://listes.rezo.net/mailman/listinfo/delinquants-solidaires-info



Contribuer à la mobilisation, diffuser de l'info, des textes et photos d'actions de protestation
#DélinquantsSolidaires
en ciblant les messages (par ex. @Place_Beauvau ou @justice_gouv...)
"Si la solidarité avec les étrangers est un délit, alors je suis une délinquante"


 S'informer des cas de poursuites passés et en cours
Voir dossier à


Faire connaître au collectif des cas relevant, directement ou indirectement,
du délit de solidarité
Écrire à
Attention :
Il faut que l’intéressée soit daccord pour que son cas soit mis en ligne, même anonymisé (de fait lanonymat nempêche pas de savoir de qui il s’agit…) ou bien que l'affaire ait déjà été médiatisée.
Les faits essentiels doivent être présentés (circonstances, garde à vue, comparution, décisions...) et avérés. Joindre si possible tout document officiel.






[1]    Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (Ceseda), articles L.622-1 et suivants

mercredi 11 janvier 2017

Assez de mépris pour les résidents du foyer COALLIA de Boulogne-Billancourt !


Brigitte Gonthier-Maurin, sénatrice communiste, dans la manifestation
 qui a rassemblé des élus et militants du PCF, d'Europe-Ecologie,
du PG, d'Ensemble, de LO, du PS local, des militants associatifs et 
syndicaux qui constituent, avec les délégués des résidents, avec des
 citoyens de la ville, le Collectif pour l'avenir des foyers (COPAF),
  le comité de soutien.

Voir d'autres photos de la manifestation du 10 janvier 2017



réalisé par Line press, avec des interview et les prises de parole devant l'Hôtel de ville.
Portes closes à la mairie comme à la sous-préfecture ! Le comité de soutien va donc décider d'autres initiatives pour faire aboutir les revendications communes :

Incendie criminel au foyer de travailleurs immigrés, 27 rue Nationale à Boulogne-Billancourt, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2016 : un mort, quatre blessés graves dont au moins un très grièvement, de nombreux résidents intoxiqués...

Un climat général en France anti-réfugiés et anti-immigrés jusqu’à l’hystérie dans les milieux racistes
Un gouvernement qui préfère la répression à un accueil digne et hospitalier
Un ministère qui calomnie les résidents en insinuant qu’ils sont responsables du drame
Un maire qui ne rêve que de les chasser du quartier où ils vivent depuis 1974
Un propriétaire des bâtiments qui n’engage pas les travaux nécessaires
Un gestionnaire qui n’entretient pas correctement le foyer, ne le sécurise pas, qui ferme brutalement la cuisine collective et qui refuse toute réelle négociation avec le comité de résidents.
Le foyer devient un problème et, dans ce climat, une cible.

CONTRE TOUT ACTE RACISTE ET ANTI-IMMIGRÉS, PROTECTION DES FOYERS ET DE LEURS HABITANTS, RÉPARATIONS POUR LES VICTIMES 

OUVERTURE SANS ATTENDRE DE L’INSTRUCTION POUR QUE LES AVOCATS DES RÉSIDENTS AIENT ACCÈS AU DOSSIER

LES TRAVAILLEURS IMMIGRÉS DU FOYER RUE NATIONALE ONT DROIT A UN FOYER CORRECTEMENT RÉNOVÉ ET ENTRETENU QUI SOIT UN VRAI LIEU DE VIE COLLECTIF ET SOLIDAIRE AVEC UNE GRANDE CUISINE COLLECTIVE

NON A LA SPÉCULATION IMMOBILIÈRE QUI VEUT LES CHASSER DU QUARTIER. ILS Y VIVENT, ILS Y RESTENT.


Comité de résidents du foyer Nationale et son comité de soutien : APS (Association pour la promotion du Soninké), ATMF (Association des Travailleurs Maghrébins en France), CGT, Coordinations des délégués des foyers Aftam/Coallia, Adoma, Copaf (Collectif pour l’avenir des foyers), DAL, Droits Devant !, Fasti (Fédé des associations de soutien aux Immigré-e-s), FTCR (Fédé des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives), GISTI, Halem (Habitants de Logements Ephémères ou Mobiles), Intégration 21 et Collectifs des sans-papiers…, Intercollectif parisien de soutien aux migrants,  La Ville citoyenne (Boulogne), LDH (Fédé 92 et Nationale),  Mrap, personnes individuelles de Boulogne et d’ailleurs, Solidaires ….., soutenus par EELV, Ensemble, PCF, PG…                                             
    Pour tout contact ou ajout de signatures : 06 87 61 29 77       


dimanche 8 janvier 2017

Voeux du PCF 92




Elsa Faucillon, secrétaire de la fédération du PCF, conseillère départementale des Hauts-de-Seine, a exprimé en quelques minutes la force de l'espoir, celui de nos luttes communes, celui de la construction d'une alternative politique à gauche pour la justice sociale, contre toutes les discriminations, contre le racisme,  pour la paix... C'est le sens de l'appel des communistes au rassemblement autour du vote Mélenchon à la présidentielle.
De belles victoires sont possibles, même dans les Hauts-de-Seine, département que la droite voudrait à sa botte. Nous avons toutes et tous besoin de plus d'élu-e-s communistes, Front-de-gauche, insoumis-e-s aux dictats des forces de l'argent roi, aux mensonges des médias inféodés aux marchés financiers. A nous de faire partout campagne pour gagner !

mardi 3 janvier 2017

Le 10 janvier, avec les travailleurs immigrés à Boulogne-Billancourt


Mouvement contre le racisme
et pour l’amitié entre les peuples
Comité de Nanterre et adhérents de Boulogne-Billancourt

solidarité 
avec les victimes de l’incendie criminel

soutien
aux revendications des habitants du foyer COALLIA

Manifestation
mardi 10 janvier
à Boulogne-Billancourt

Le MRAP exprime ses condoléances à la famille et aux proches de Oussi Traoré, travailleur malien qui a perdu la vie lors d’un incendie criminel dans la nuit des 15 au 16 décembre, son soutien aux blessés, sa solidarité avec tous les habitants du foyer pour travailleurs migrants de Boulogne-Billancourt.

Il faut qu'un juge d'instruction 
soit nommé rapidement

Le MRAP, comme les délégués des résidents, leurs avocats, toutes les organisations et les citoyens qui ont tenu un premier rassemblement dimanche 18 décembre, demande qu’un juge d’instruction soit nommé rapidement afin que les parties aient accès au dossier, que l’enquête soit menée sérieusement. Le ou les auteurs du crime doivent être démasqués et jugés, ainsi que leur(s) éventuel(s) commanditaire(s). Aucune piste ne doit être écartée, dont celle de mobiles racistes ou celle d’intérêts financiers.

Le communiqué du Ministère de l’Intérieur, relayé par certains médias, quelques heures après le sinistre, soulève l’indignation des résidents et de tous les citoyens bénévoles qui participent à la vie du foyer, en donnant des cours de français ou en aidant aux démarches administratives. En désignant de manière calomnieuse un des blessés comme présumé incendiaire, en présentant le foyer comme lieu de trafics et de violences, au mépris de la vérité, il a profondément blessé les habitants encore traumatisés par le drame qu’ils ont vécu. Quelles que soient les intentions de ses auteurs, une telle déclaration est de nature à alimenter le racisme et la xénophobie. Elle est aussi de nature à favoriser le projet de démolition du foyer, voulu par le gestionnaire COALLIA, et que soutient la municipalité, d’autant plus que dans le quartier se construisent de nombreux immeubles de standing.

Il faut que COALLIA 
réalise les travaux urgents
          pour la santé et la sécurité des résidents

Le MRAP soutient les revendications des résidents, qui observent depuis plusieurs mois une grève des loyers, dont ils verseront à COALLIA les montants quand les délégués ne seront plus méprisés, quand les réunions auxquelles la loi oblige le gestionnaire se tiendront, quand les travaux urgents seront enfin mis en chantier. Depuis que COALLIA a racheté à l’AFTAM le foyer de Boulogne-Billancourt, en 2011, la dégradation est de plus en plus insupportable, dans tous les domaines. Le mépris est évident pour le bien-être et la dignité des résidents, mais aussi pour leur santé et leur sécurité : de graves négligences pourraient constituer des mises en danger de la vie d’autrui. Le comportement du gestionnaire semble être de pourrir la vie des jeunes et anciens travailleurs ou retraités qui habitent le foyer pour les faire partir. Partout en effet la politique des gestionnaires des foyers pour travailleurs migrants, encouragés par l’Etat et des collectivités locales, est de les remplacer par des « résidences sociales », inadaptées aux besoins des travailleurs immigrés. Il s’agit d’y entasser des personnes en graves difficultés, faute de construction sociale pour le logement des plus démunis.

Il faut que tout projet de reconstruction 
réponde aux besoins des habitants 
des foyers pour travailleurs migrants

Tout le monde s’accorde pour constater que le foyer de Boulogne-Billancourt nécessite aujourd’hui une coûteuse réhabilitation. Si une opération de démolition-reconstruction devait être mise en œuvre, elle ne serait acceptable qu’en concertation avec les habitants actuels, avec la garantie que tous seraient relogés. Le cahier des charges doit imposer des salles permettant une vie commune, pour se réunir, pour des activités culturelles ouvertes sur le quartier, des espaces pour prier, pour se rencontrer, une cuisine collective aux normes et dont les résidents gardent la maîtrise…Les Foyers pour travailleurs migrants sont en effet des lieux ou s’organisent la solidarité entre immigrés, la solidarité matérielle avec la famille, avec le village, avec le pays d’origine. Ce sont des lieux d’accueil pour des primo-arrivants, des jeunes, qui sont soutenus par l’expérience des anciens et par des associations, des citoyens solidaires.
Le fait que le foyer de Boulogne-Billancourt, comme tous les foyers pour travailleurs migrants de la région parisienne, soit surpeuplé, montre combien il manque des places dans ces indispensables et irremplaçables lieux de vie. 
Les habitants des foyers sont des travailleurs, tous doivent obtenir le droit à un séjour régulier, à un logement !

Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples 
appelle à participer nombreux à la


                      manifestation 

organisée par les résidents du foyer COALLIA et leurs soutiens

         mardi 10 janvier 2017

Rendez-vous à 17 heures, 29 rue Nationale, à Boulogne-Billancourt
pour aller à la mairie et à la sous-préfecture


Tract édité par le comité de Nanterre du MRAP
  27 rue Sadi Carnot, 92000 Nanterre

mrap.nanterre@orange.fr




 lire le tract-pétition des résidents et de citoyens solidaires : 

mardi 20 décembre 2016

Dimanche, résidents et soutiens, rassemblés au foyer COALLIA de Boulogne-Billancourt, ont appelé à une grande manifestation le 10 janvier


L’entrée du foyer COALLIA, au 29 rue Nationale, à Boulogne-Billancourt, porte les marques du sinistre. Dans la nuit de jeudi 15 à vendredi 16 décembre, l’incendie criminel a coûté la vie à Oussi Traoré, travailleur malien d’une quarantaine d’années, a fait quatre blessés graves, et au moins neuf autres victimes, souffrant de brûlures ou d’intoxication par la fumée.


Sur la façade, une banderole défraîchie rappelle que les résidents sont en grève des loyers, depuis plus de six mois : mais le gestionnaire continue à faire la sourde oreille à leurs revendications, qui touchent à des questions de sécurité…

Une odeur âcre saisit encore la gorge, quand on passe entre les murs calcinés. La porte bleue du gardien, flambant neuve, a été remplacée très vite : sécurité, sans doute, oblige…


 C’est au-dessus de l’extincteur, visiblement tout récemment accroché, dans l’angle, au fond, qu’était depuis peu une caméra de surveillance. Un délégué m’explique qu’elle a été enlevée quelques jours avant l’incendie. 


C’est un des faits troublants, et il y en a d’autres. Pourquoi la porte d’entrée, ouverte jour et nuit à tout venant, était-elle bloquée cette nuit-là ? Pourquoi le gardien avait-t-il enlevé toutes ses affaires du bureau deux ou trois jours avant ? Pourquoi l’alarme n’a-t-elle pas fonctionné ? Pourquoi les pompiers ont-ils mis longtemps à arriver – une heure, affirment des témoins ?

Chercher à qui le crime profite

La demande est unanime qu’un juge d’instruction soit nommé rapidement, pour que les avocats aient accès au dossier, pour que l’enquête soit menée sérieusement. Les résidents, les délégués, les citoyens qui viennent régulièrement au foyer, par exemple pour donner des cours de français, démentent catégoriquement le communiqué calomnieux du Ministère de l’Intérieur, qui, quelques heures seulement après le drame, décrivait ce lieu comme un repère de trafiquants, où rixes et violences seraient fréquentes. L’accusation, venue de la même source, présentant un des résidents blessés comme l’auteur de l’incendie, soulève l’indignation. « Il faut chercher à qui le crime profite », répète-t-on sans cesse, et son ou ses auteurs, ses éventuels commanditaires, doivent être démasqués et jugés. L’hypothèse d’un crime raciste, que le Ministère de l’Intérieur s’est empressé d’écarter, n’a pourtant rien d’invraisemblable, dans le contexte de montée de haine et de violences xénophobes et racistes, anti-immigrés et antimusulmans.


 En attendant, la colère est vive, et elle cible le maire, qui n’est même pas venu présenter ses condoléances ; les autorités municipales et préfectorales qui étaient récemment venus visiter le foyer sans daigner rencontrer les délégués ; le ministère et les médias qui ont relayé sa déclaration odieuse, de nature à alimenter le racisme et la xénophobie ; les promoteurs immobiliers pour qui le foyer fait tâche dans un quartier sur où se construisent des immeubles de standing …Mais c’est surtout COALLIA qui est montré du doigt par tout le monde.

Pourrir la vie des résidents pour les faire partir

Depuis que l’entreprise tentaculaire a fait main basse sur le foyer, en 2011, rien ne va plus. Les délégués, porteurs des revendications des résidents, sont méprisés. Pourtant la loi oblige à tenir des réunions avec eux, surtout quand il s’agit de travaux urgents touchant à la santé et à la sécurité. Mais on met beaucoup de temps à réparer l’électricité, et même à colmater une fuite de gaz, ou à assurer la fermeture de la porte d’entrée... Quant à assainir les murs, à se débarrasser de cafards et de rongeurs, ou à remettre en marche les ascenseurs, si nécessaires pour les retraités les plus âgés, on attend toujours, depuis des mois, des années. Ces très graves négligences, outre le mépris du bien-être des résidents qu’elles dénotent, constituent, surtout après l’incendie meurtrier, pour certaines d’entre elles, des mises en danger de la vie d’autrui.


Elles ont motivé une grève des loyers, observée par tous les résidents, depuis plus de six mois : une durée anormalement longue, car dans ce genre de conflit le gestionnaire accepte habituellement de négocier beaucoup plus rapidement. Une manifestation avait trouvé porte également close à la mairie…
 Après la fermeture par la police, au début de l’été, de la cuisine collective, que les délégués demandaient en vain de mettre « aux normes », sous prétexte, expliquent des résidents, qu’on y aurait trouvé des « sacs de riz dont la date de consommation affichée était dépassée de quelques jours », c’est maintenant la salle de prière, d’autres espaces de vie collective qui sont dans le collimateur. Et puis il y a les descentes de police, la chasse obsessionnelle aux « sans-papiers » jusque dans les couloirs, faute de pouvoir légalement violer le domicile privé qu’est la chambre. D’évidence on veut pourrir la vie de ces travailleurs immigrés, en majorité maliens ou sénégalais, dont certains habitent là depuis trente ou cinquante ans, après une carrière d’ouvriers dans l’ancienne usine Renault-Billancourt. 
Le but semble évident : les faire partir, et transformer – comme dans de nombreux autres endroits dans la région parisienne – ce foyer pour travailleurs migrants, dont tout le monde s’accorde à dire qu’il a besoin d’une réhabilitation, en « résidence sociale », conçue pour entasser des personnes en situation précaire, faute de construction sociale pour les plus démunis. Le maire a dit et écrit qu’il fallait démolir le foyer, et les élus municipaux restent très flous quant à savoir où il pourrait être reconstruit et à qui il serait destiné. Une politique nationale, qui en définitive ne répond de manière satisfaisante aux besoins de personne, dénoncée par le Collectif pour l’avenir des foyers (COPAF), mais qui assure à des gestionnaires comme COALLIA des rentrées juteuses d’argent public.


Un élan grandissant de solidarité

C’est donc pour exiger justice pour Oussi Traoré, pour exprimer solidarité avec toutes les victimes et soutien à toutes les personnes vivant dans le foyer, pour exiger que COALLIA négocie avec les délégués des résidents en lutte, et réalise les travaux d’urgence, pour déjouer les plans de tous ceux qui voudraient détruire le foyer et chasser les immigrés qui y sont logés, que plusieurs centaines de personnes ont répondu, dès dimanche, à un premier appel à la mobilisation lancé par le COPAF.


 L’affluence était telle que la réunion, commencée dans la grande salle commune, a dû se poursuivre dehors, dans la vaste cour.


Elle s’est terminée par un appel commun à une manifestation, qui s’annonce déjà puissante, le mardi 10 janvier (rendez-vous dès 17h au foyer, pour se diriger vers la mairie puis la sous-préfecture)

 Ecouter les prises de parole :




Pierre Gaborit, c.m. socialiste
Me Pascal Winter
4.   COPAF
Geneviève Pétauton, présidente du COPAF
Jean-Baptiste Eyraud
Mamadou Baradji, délégué régional des résidents COALLIA
Vincent Guibert, c.m. PS
Annie Lahmer, Conseillère régionale EELV
Daniéle Simonnet, Conseillèr de Paris, PG
Benoit Martin, secrétaire générale de l'UD CGT Paris

Isabelle Goïtia, PCF